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Sr Geneviève (Céline) à Jeanne La Néele - 12 juin 1912

De Céline à Jeanne La Néele

 

+ Jésus                                                                                     12 Juin 1912

                             Ma chère petite Jeanne,

   Nous avons été bien contentes d'avoir de vos nouvelles, car lorsque nous ne savons pas où vous trouver cela nous paraît très triste, il nous semble que tout est perdu. Si la petite villa que tu habites est sur quelque carte postale envoie-la nous pour qu'on se représente les lieux où vivent ceux qui nous sont les plus chers au monde. Je t'assure que je vais bien prier ou plutôt continuer de prier pour que Francis retrouve là-bas la santé et j'espère de tout mon coeur qu'il va en être ainsi, car le repos et le traitement ne peuvent manquer de lui être salutaires. Et toi ma petite Jeanne chérie, cela va te faire grand bien aussi de prendre un peu de vacances. Pour moi je n'espère que les vacances du ciel et elles se font bien attendre, avec cela que l'ouvrage déborde toujours chez nous et hier, comme le prophète Elie sous son génévrier, je me suis assise pour pleurer parce que je ne pouvais arriver à faire tout ce qu'on me demandait. Tu vois comme j'ai peu de courage !

   A propos de l'ouvrage, en cherchant quelque chose j'ai trouvé dans un tiroir deux petites trousses en velours blanc peintes par Thérèse, le velours est celui de sa robe de Prise d'habit, elles étaient bien ramassées dans le même papier où tu me les as données et personne n'y a touché. L'une d'elles a comme une tache de brûlure sur le dessus, en les authentiquant je tâcherai de la cacher et je te les renverrai à ton retour. Je ne crois plus avoir rien de tes petites affaires excepté les surplus de cheveux qui te donnent droit à nous demander des sachets de cheveux tant que tu voudras. On les refuse à tout le monde, mais toi tu y as droit. Au moment de la béatification tu seras bien heureuse de ce droit. O ma petite soeur chérie, va, si tu savais comme je suis heureuse de te donner ! si tu as quelque petit désir ne manque pas de nous le dire.

Je ne saurais te dire combien je t'aime je me souviendrai toute ma vie de ton dernier parloir, tu étais à croquer avec ton petit sac qui contenait je ne sais plus quels papiers à porter chez Mr Houdayer....[plusieurs lignes supprimées]

Je t'embrasse, ma petite soeur bien-aimée ainsi que Francis

                   Ta petite Céline

                 Sr Geneviève de Ste Thérèse

                             r.c.i.