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Sr Geneviève (Céline) à Isidore Guérin - 30 décembre 1904

De Sr Geneviève à Mr Guérin

                             J.M.J.T.                                               30 xbre 04

+ Jésus

                       Mon petit Oncle chéri, bien

                        plus Père qu' Oncle...

   En voilà une phrase dure ! et pourtant moi j'affirme qu'elle est tendre et très tendre. Oui, mon Oncle chéri je vous aime plus que je ne saurais le dire, vous verrez au ciel quelle place vous tenez dans mon coeur. Aussi là dans ce beau ciel vers lequel nous nous acheminons tous je rêve un petit coin isolé où toute la famille sera complète J'aime pourtant bien tous les Saints et tous les Anges, mais ce qui fait battre mon coeur c'est la reconstruction du nid si doux de la famille. Oh ! oui que je me réjouis du Ciel !

   Mais avant je mets ma joie sur la terre à conserver mes chers parents je voudrais ne pas les voir en butte aux épreuves de la vie, aux maladies et si le bain de mon amour dans lequel ils sont sans cesse plongés pouvait les rendre invulnérable, certainement pour les emporter au ciel le bon Dieu serait forcé de les emmener sur un char de feu, sans les faire passer par la mort.

   Mon oncle chéri, en m'entendant vous allez revenir sur le compte du "ministre" qui n'a le temps de rien, même pas d'aller au parloir, même pas d'écrire surtous si je vous dis que chaque jour j'ai été voir Benjamin je l'ai bien plus gâtée que ma Soeur Marie du Sacré Coeur c'est elle qui m'a fait ce compliment ce matin, mais la petite coquine ne supporte pas une minute de retard dans ma visite et elle m'envoie chercher quand je ne suis pas à l'heure militaire.

   Mon cher oncle pour vous chérir, vous embrasser le "ministre" n'est pas non plus pressé, car il vous donne des millions de baisers, de souhaits ainsi qu'à Jeanne et à Francis

   Votre petite fille qui vous chérit et qui a été surnommée à l'unanimité "Feu ardent"

   Geneviève de Ste Thérèse

   r.c.ind.