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Sr Geneviève (Céline) à Mère Agnès de Jésus - 20 janvier 1908

De sr Geneviève à Mère Agnès de Jésus

J.M.J.T.                                       20 Janv. 08

Jésus +

                       Ma petite Mère chérie,

   J'avais des choses tout plein mon petit coeur pour vous souhaiter votre fête, l'histoire de ce soir, avec vous savez qui , m'a un peu brouillé les idées, mais ça ne fait rien je vais dire tout de même. Ma petite maman bien aimée, je vous aime au-delà de tout ce que je puis dire, vous êtes mon idéal, à moi aussi... et je voudrais le crier bien haut, je vous trouve si douce, si humble, si compatissante, si miséricordieuse, vous êtes pour moi l'image du bon Dieu. O ma petite Mère, demandez à Thérèse que je vous ressemble un petit peu, je voudrais être débonnaire et je ne suis pas même bonne, je ne suis qu'une pauvre bo-bonne pleine de défauts, l'imperfection même, j'en ai bien du chagrin car je voudrais être votre gloire comme notre petite reine chérie. Ma petite Mère, vous êtes tout mon bonheur, je voudrais vous gâter, vous choyer, vous le méritez tant que je suis plus heureuse de tout ce qu'on vous rend que si on m'en rendait à moi-même, de même j'ai plus de peine quand on vous en fait que si on m'en faisait à moi-même. Je crois que c'est cela qui est le véritable amour, car c'est ce que j'éprouve pour ma Thérèse chérie.

Ma petite Mère c'est la dernière fois que je vous souhaite votre fête en grand groupe. Quand il nous sera donné de nouveau de le faire, il y aura eu bien du changement dans notre vie, peut-être ne serons-nous plus au complet... Aussi je veux me dépêcher bien vite de devenir une sainte, je voudrais ne rien refuser à Jésus. Ma petite Maman, oh ! si vous saviez !... oui, il se passe bien des choses dans ma petite âme. Vous connaissez la petite enveloppe, qui est bien vilaine, bien rugueuse et déformée, quand donc connaîtrez-vous la petite lettre!... Je me demande comment je ne suis pas meilleure avec les lumières que le bon Dieu me donne, j'ai une si grande soif de la souffrance, je comprends si bien toutes choses ; par instant c'est si clair si lumineux qu'il me semble que je pense ce que Jésus pense, je le supplie tant de ne pas avoir d'illusions que je crois qu'il m'exauce. Cela m'intéresse beaucoup de chercher la manière de voir du bon Dieu et de la trouver dans les mille circonstances de la vie qui nous indiquent sa volonté. C'est pour cela que l'avenir ne m'effraie plus quel qu'il soit... Ma petite Mère, je vous aime au-delà de tout ce que je puis dire. Votre petite fille

                                                            Geneviève de Ste Thérèse, r.c.i.