Imprimer

Sr Geneviève (Céline) à Sr Françoise Thérèse - 19 avril 1908

Sr Geneviève de la Ste Face à sa sœur Françoise Thérèse

+Jésus       J.M.J.T.            19 Avril 1908

Pâques Joyeux Alléluia  !

Ma petite sœur chérie,

Le Carême a paru bien long, surtout ces derniers temps où nous avons passé par de cruelles angoisses à propos de notre cher oncle, cher "paponcle" comme nous l'appelons. Enfin le bon Dieu a exaucé nos ferventes prières et il va mieux, il est tout à fait hors de danger. Pauvre petite Léonie je pensais souvent à toi pendant ces jours si douloureux et j'aurais voulu accourir pour te consoler, mais d'autres l'ont fait à ma place, car tu le sais, je suis toujours extraordinairement pressée. As-tu reçu la photographie du Sacré Coeur de Jésus agonisant. C'est mon ancien tableau que j'ai retouché d'après la Ste Face, je le trouve beaucoup plus joli de visage qu'avant, mais que j'y ai eu du mal ! j'aime mieux ne pas y penser.

Tu sais sans doute que nous avons nos élections dans 15 jours, le 6 mai je crois. " Petite Mère" ne pourra être réélue, mais le bon Dieu veille sur nous et Jésus nous donnera certainement une Mère selon son Coeur. Je te dis cela en secret pour que tu ne sois pas surprise, mais nous croyons que ce sera Sr Marie Ange de l'Enfant Jésus, la jeune religieuse qui a fait la poésie qui est à la fin du volume de Thérèse "A l'Ange de ma Vocation" C'est celle-là qui est malade depuis deux ans et que nous avons cru perdre, mais cette maladie ne lui a été envoyée que pour mûrir son âme et la vieillir, car elle n'a que 27 ans, mais elle en porte 34, elle a 1m72 de taille et est grosse en conséquence c'est un colosse. Colosse aussi en vertu et si bien douée, qualités du coeur, de l'intelligence, instruction, éducation, jugement, tact, ce serait une perfection si elle avait une bonne santé, mais il faut toujours un revers à la médaille, à la vérité celui-là est le moins important.

Ma petite sœur chérie, je t'aime au delà de tout ce que je puis te dire... tu sais, tu es ma petite compagne d'épreuves, oh! que nous avons souffert ensemble et que je serai heureuse de te revoir au Ciel !... que de choses nous aurons à nous dire !

Je voudrais savoir comment tu vas. Es-tu bien portante ? as- tu encore de l'eczéma ? et les glandes que tu avais sous le bras ont-elles disparu ? Pour nous, nous allons toutes bien et nous n'avons plus qu'un seul et unique désir : devenir des saintes. Ce travail est difficile et les autres ne peuvent nous donner un coup de mains qu'en nous persécutant et nous faisant souffrir, aussi nous méprisons cet aide, hélas! que c'est un grand tort !

Petite sœur, je t'aime et t'embrasse de tout mon coeur.

Ta petite Céline

Geneviève de Ste Thérèse r.c.i.

Mon respect affectueux à tes bonnes Mères.