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Sr Marie du Sacré Coeur à Sr Françoise Thérèse - 20 juin 1922

  Sœur Marie du Sacré Cœur à Sr Françoise Thérèse                                          

+ Jésus                                                                                                  20 Juin 1922

 

Ma petite sœur chérie,

Merci de ta lettre si affectueuse, de tes vœux de fête, de ta jolie petite rose qui est arrivée toute parfumée.

Sr Geneviève a oublié de te répondre au sujet de la visite des bonnes Mères d'Amérique. Notre Mère est allée elle-même au parloir mais ni Sr Geneviève ni moi, tu comprends que s'il fallait nous y rendre toutes trois, ce serait vraiment terrible car à chaque instant ce serait à recommencer pour des évêques et d'éminents religieux qui viennent de tous pays. Notre vie n'y pourrait suffire. C'est précisément parce que ta bonne Mère les avait recommandées ainsi que toi, que notre Mère les a reçues elle-même. Elles sont parties ravies car notre Mère les a fait conduire dans la nouvelle grande sacristie dans laquelle on peut voir à travers une grille le beau portrait peint par Roybet et différents souvenirs de notre petite sainte.

Tout n'est pas encore prêt mais on peut se rendre compte. Il paraît qu'elles étaient en admiration devant le tableau de Thérèse. Chacune disait "mais elle me suit du regard..." Que c'est beau ! que c'est saisissant !" Voilà, les détails que je sais sur ces bonnes Mères, ma petite sœur. Notre Mère leur a donné un paquet d'images et souvenirs.

Hier le groupe du fond de la chapelle, représentant Thérèse prenant des fleurs des mains de la Ste Vierge, a été placé. C'est magnifique, on dirait une vision céleste. Les vitraux de la chapelle de la châsse sont aussi arrivés, mais pas encore placés, enfin, après bien des tribulations tout va être prêt quand même. Nous avons pendant tous ces travaux pris plus d'une leçon de détachement des choses de la terre ! Le bon Dieu sait bien ce qu'il fait, aussi nous travaillons uniquement que pour Lui.

Tu as raison ma petite sœur chérie, nous ne sommes pas séparées (séparées de corps c'est une ombre de séparation, c'est la condition inévitable sur terre) mais la véritable union c'est celle des âmes et des cœurs. Et nous ne pouvons être unies davantage nous qui sommes toutes à Jésus. Au Ciel tu seras dédommagée au centuple des privations acceptées pour son amour et nous. Je t'assure que nous avons bien le contre poids de la consolation d'être ensemble. Nous l'avons eu du temps de M.M .de Gonzague au delà de tout ce que l'on peut dire, le bon Dieu sait tout arranger pour que la croix ne manque jamais...

Adieu, ma petite sœur, je t'embrasse bien tendrement ne m'oublie pas auprès de ta bonne Mère.

Ton aînée

Sr. M. du S. Coeur

r.c.i.

M. Ménage nous a bien remis ta lettre du l0 Juin.

Les Mères d'Amérique ont donné une offrande de 100 frs pour la Cause.