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De Céline à Sophie Bohard - 18 janvier 1887

De Céline à Sophie Bohard 18 janvier 1887

 

Ma chère cousine

Je ne veux pas laisser partir la lettre de Marie sans vous envoyer un petit bonjour, je serais bien fâchée que personne des Buissonnets ne vous envoie les souhaits et les voeux que nous formons tous pour vous cette année

Avec ces lettres, vous apprenez la grande nouvelle, chère Cousine. Hélas que de changements chez nous !

La séparation de Marie a été bien cruelle, mais Dieu proportionne les grâces aux sacrifices qu’il demande. Ne pouvait-il pas l’appeler dans une ville autre que Lisieux où nous ne l’aurions vue que rarement ? Mais le Carmel est bien près et quoique séparées nous vivons pour ainsi dire la même vie. Cela va bien vous étonner d’apprendre tout cela, chère cousine, et je suis sûre que vous nous souhaitez de ne pas avoir de pareils changements en 87…

Il fait bien froid aujourd’hui, chère cousine, je ne sais si à Laval l’hiver est aussi rigoureux. Cette nuit il a tombé du verglas et ce matin il est impossible de marcher. Quoique bien chaudement mes doigts gèlent et je ne vais pas pouvoir continuer ma lettre : c’est de même quand je peins, je suis obligée de m’arrêter tant j’ai froid aux mains

Nous avons fait un malheur à la lettre de Marie, elle nous l’avait donnée pour y joindre la mienne et en coupant l’enveloppe la lettre a été un peu coupée, je vous prie d’excuser, chère cousine, cette maladresse. Si Marie le savait elle ne serait pas contente.

Je vous dis adieu, chère cousine, en vous envoyant tous nos souhaits et en vous embrassant bien fort de la part de toutes vos petites soeurs

Céline

E.d.M.

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