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De Céline à Vital Romet - 30 décembre 1888.

De Céline à Vital Romet. 30 décembre 1888.

 

30 Décembre 88.

Mon cher Parrain,

Encore une année d'écoulée! Le temps passe vite et dans sa course précipitée il emporte bien des chagrins. S'il pouvait les anéantir on ne regretterait pas sa rapidité, mais hélas! le [1 v°] souvenir ne s'efface pas.

Cher Parrain, laissons de côté nos peines au commencement de cette nouvelle année pour ne nous occuper que des joies si légitimes de la famille que son premier jour nous fait goûter. Oui je suis bien heureuse tous les ans de me retrouver là pour vous envoyer mes vœux qui deviennent de plus en plus [2 r°] beaux, ainsi que les souhaits que mon cœur forme pour vous, cher Parrain. Mon cœur ne vieillit pas avec les années, mais à cette source qui coule toujours il puise de la force et de la vigueur.

Notre cher petit Père va toujours de mieux en mieux il va même aussi bien que possible je suis heureuse que vous le voyiez, il ira [2.v°) à Alençon vers le milieu de cette semaine.

Et cette bonne Tante Pauline, croit-elle que je l'oublie ? oh non, elle sait que sa petite nièce pense beaucoup à elle et lui conserve un cœur reconnaissant et affectueux. N'est-ce pas Tante Pauline que jedis vrai ? Je comprends si bien et j'apprécie à un si haut degré votre incomparable cœur.

Mon cher Parrain c'est avec une certaine fierté que je viens au nom de toute la famille vous faire part de nos vœux. C'est juste que je sois la déléguée, étant votre filleule !

Votre petite filleule respectueuse,

Céline Martin

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