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De sœur Geneviève à Mme Guérin. 22 juillet 1897.

 

22 Juillet 97

Ma chère petite Marraine,

Je me repens un peu d'avoir mis petite, car ce n'est pas assez respectueux, mais l'affection franchit le respect et j'ai voulu par là exprimer combien j'aime ma Tante chérie, chérie...

Je sais que vous revenez la semaine prochaine, mais je ne puis m'empêcher de vous répondre un petit mot. Il ne va pas être long, car la petite garde-malade n'a pas le temps de respirer, je dérobe même tout-à-l'heure un peu de temps au sommeil.

Ma petite malade ne va pas pire, mais pas mieux ; la maladie suit son cours, dit Mr de C., il ajoute que des cavernes se forment dans le poumon et qu'il craint la suppuration. Il nous disait l'autre jour : « Elle va gagner son procès ! » - Notre cher petit Ange est toujours le même, un modèle de patience, de douceur, c'est la grâce personnifiée. L'autre jour je lui lisais un passage sur la béatitude du Ciel, elle m'a interrompue pour me dire: «Ce n'est pas cela qui m'attire. - Quoi donc? - Oh! c'est l'amour, aimer, être aimée et revenir sur la terre….

Ma Tante chérie, je ne puis vous en dire davantage, devinez tout ce qui se passe dans mon cœur... L'épreuve qui m'attend me fait frissonner, je suis dans le jardin de l'Agonie et la prière de Notre Seigneur s'échappe à chaque instant de mon cœur. Merci, ma chère Tante, de votre lettre, elle m'a fait beaucoup de plaisir et m'a bien amusée et distraite avec les nouvelles de la Musse.

J'embrasse bien fort mon Oncle chéri, ma Jeanne, Francis et Léonie, et vous ma chère petite Tante je vous embrasse comme une fille peut embrasser sa Mère.

Geneviève de Ste Thérèse r.ci.

Nous voudrions bien du Tilleul - quelques pieds de Centaurée et des épis.

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